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Élisabeth et ses prétendants

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Élisabeth et ses prétendants

Élisabeth et ses prétendants

Publié le 26 Mai 2015
Bien qu'elle fut surnommée la Reine Vierge, Élisabeth eut de nombreux prétendants...

En 1559, à la pétition de la Chambre des communes demandant qu’elle se marie, Élisabeth rétorqua par cette phrase désormais célèbre : « Cela me suffira qu’une plaque de marbre déclare qu’une reine, ayant régné tant de temps, vécut et mourut vierge ». Pour autant, elle aimait la compagnie des hommes et la cour élisabéthaine a favorisé l’ascension d’hommes de valeur, séduisants de surcroît. Notamment ceux qui lui faisaient honneur en jouant le jeu de l’amour courtois, en portant haut ses couleurs durant les tournois, et en agrémentant les festivités et divertissements de poèmes à sa gloire, comme messieurs Christopher Hatton, Francis Drake et Walter Raleigh. Ceux-là bénéficièrent considérablement de son affection, mais il n’y eut qu’un seul anglais qu’Élisabeth pensa épouser : Robert Dudley. Lorsqu’elle monta sur le trône, Dudley était marié, mais en 1560 sa femme, Amy, se tua en tombant dans les escaliers. Comme il entretenait une amitié sincère avec la souveraine au vu et au su de tous, la chute fort à propos d’Amy fit naître les suspicions à son encontre. Le coroner finit néanmoins par l’innocenter. Élisabeth n’était pas pour autant libre de l’épouser, car la cour était fortement opposée à ce mariage : on craignait que l’union de la reine à un simple sujet ne soit néfaste au prestige de la souveraine.


En revanche, plusieurs de ses conseillers défendaient l’idée d’une alliance matrimoniale et diplomatique avec un prince étranger. Comme auparavant les portraits jouèrent un rôle primordial et les artistes voyagèrent d’une cour à l’autre pour portraiturer la reine et ceux qui se disputaient sa main. Ce type de transactions offrait aux artistes l’opportunité de s’implanter à la cour : par exemple, en 1561, Steven Van Der Meulen accompagna une ambassade auprès d’Éric XIV de Suède dont il fit un portrait en pied présenté plus tard à la reine. Il deviendra « Steven, peintre de renommée » et fit carrière à Londres. Parmi les prétendants d’Élisabeth figuraient aussi Ferdinand et Charles d’Autriche, les archiducs Habsbourg, et en France Henri, duc d’Anjou et son frère Hercule-François. Mais une telle union, avec Hercule-François, de dix-huit ans son cadet, était inacceptable aux yeux de ses sujets protestants, les négociations furent donc interrompues en 1581.

Et jamais Élisabeth ne se maria, restant la Reine Vierge...