Toutes les actualités

L'Angleterre et la France sous Henri VIII Tudor

L'Angleterre et la France sous Henri VIII Tudor

L'Angleterre et la France sous Henri VIII Tudor

L'Angleterre et la France sous Henri VIII Tudor

Publié le 07 Avril 2015
Le rival le plus proche d’Henri VIII était son voisin François Ier, roi de France, dont Henri revendiquait le trône... Au XIVe siècle, les prétentions des rois d’Angleterre sur le trône de France ont déclenché la guerre de Cent Ans. Henri VIII est tenté de réactiver ces anciennes querelles. Il lance même plusieurs campagnes militaires sur le continent. Mais dans l’ensemble, sous son règne, les deux royaumes s’efforcent de maintenir une paix durable.

Les relations entre la France et l’Angleterre sont toutefois marquées par la rivalité, presque personnelle, qui s’affirme entre Henri VIII et François Ier. Leur âge les rapproche et leur ambition les oppose. Chacun cherche à impressionner l’autre par sa splendeur. Cette compétition atteint son paroxysme en 1520, lorsqu’ils se rencontrent au Camp du Drap d’or pour célébrer le traité de Paix universelle, signé à Londres deux ans plus tôt.

Pendant le règne d’Henri VIII, les relations entre l’Angleterre et la France furent ponctuées d’accords de paix ostentatoires qui permirent aux deux souverains d’engager entre eux une compétition sur le terrain culturel. Par exemple, chaque copie de la ratification du traité d’Amiens, entérinant l’alliance des deux pays contre Charles Quint en 1527, comportait un sceau d’or qui semblait répondre à l’autre.
La ratification du traité d’Ardres, en 1546, instaurait une ultime paix entre les deux grands rivaux. Le traité illustre lui-même la farouche rivalité entre les deux souverains dans le domaine des arts. La décoration qui encadre le texte témoigne d’un goût partagé pour les motifs maniéristes ; les enluminures comportent des cariatides qui font écho aux peintures et aux reliefs en stuc du décor que François avait commandé pour son château de Fontainebleau.
François voulut qu’Henri soit informé de tous les détails de son projet et invita personnellement l’ambassadeur anglais, sir John Wallop, à visiter le château, l’aidant même à grimper sur un banc pour mieux voir les ornements à l’antique de sa chambre.

Par ailleurs, Henri obtint des informations sur la décoration de la grande galerie de Fontainebleau par l’Italien Nicolas Bellin de Modène, qui y avait travaillé avec Le Primatice mais avait dû fuir vers l’Angleterre sous le coup d’une accusation pour fraude. Henri n’a d’ailleurs jamais répondu aux nombreuses requêtes de François réclamant le renvoi de l’Italien vers la France.

A gauche : Fontainebleau : vue d'ensemble de la galerie François Ier © RMN-Grand Palais (Château de Fontainebleau) / Georges Fessy

A droite : Primatice, Galerie François Ier : Danaé, Fontainebleau, château © RMN-Grand Palais (Château de Fontainebleau) / Gérard Blot

 

Extrait du catalogue Les Tudors par Charlotte Bolland et Cécile Maisonneuve, éditions Rmn-GP.