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Le portrait de Madame Fantin-Latour

Fantin-Latour. A fleur de peau

Le portrait de Madame Fantin-Latour

Le portrait de Madame Fantin-Latour

Publié le 20 Décembre 2016
Tout au long de l'exposition, retrouvez des commentaires de tableaux de Fantin-Latour, issus du catalogue de l'exposition.

Les portraits individuels de Victoria corroborent cette vision qu’en offre le peintre : une femme réservée préférant à l’agitation d’une vie mondaine le silence et la concentration d’activités recueillies telles que la lecture ou la peinture de fleurs qu’elle pratiquait avec talent.
 

Ce premier portrait date de 1873 : assise de trois quarts dans un fauteuil dont la tapisserie rouge du dossier réchauffe un peu l’harmonie de couleurs sombres de la composition, elle apparaît là encore les yeux baissés, absorbée par sa lecture. La lumière éclaire le haut de son visage, le noeud bleu qu’elle porte autour du cou et l’ouvrage qu’elle tient entre ses mains. Nul accessoire ne vient distraire l’attention qui se concentre sur cet échange silencieux entre la lectrice et son livre. Une grande douceur émane de ce portrait qui renvoie plus à l’image d’une mère qu’à celle d’une future épouse.

Fantin réalise quelques mois après leur mariage, le 16 novembre 1876, un nouveau portrait qui donne à Victoria l’aspect d’une femme mûre – elle a alors trente-six ans.


Il peint un ultime portrait d'elle en 1883, la représentant à nouveau un livre entre les mains, avec à l’annulaire gauche, bien en évidence, son alliance. Mais contrairement aux tableaux précédents, elle n’est pas en train de lire. Elle regarde devant elle, sûre désormais de ce qu’elle est, l’épouse d’un grand peintre, chevalier de la Légion d’honneur et membre du jury du Salon.








Portrait de Victoria Dubourg

1873
Huile sur toile
H. 92,5 ; L. 76 cm
Paris, musée d’Orsay,Donné par l’artiste au Musée du Luxembourg en 1902