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Le premier paysage ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°2

Chefs-d'œuvre de Budapest

Le premier paysage ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°2

Le premier paysage ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°2

Publié le 24 Mars 2016
Pour vous faire découvrir un peu plus les Chefs-d'œuvre de Budapest exposés au Musée du Luxembourg du 9 mars au 10 juillet 2016, explorons les petites histoires de ces grandes œuvres...

Le premier paysage ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°2

Albrecht Altdorfer fait partie de ces artistes qui, au début du XVie siècle, travaillent sur les rives du Danube en Bavière, en Autriche, ou encore dans les régions proches de Salzbourg ou d’Innsbruck, et qui ont choisi de donner au paysage une place importante. La vallée fluviale entourée de hautes montagnes ici représentée est celle de Sarmingstein, village situé entre Linz et Melk. Ce dessin, daté de 1511, témoigne du voyage que l’artiste effectue cette année-là le long du Danube, probablement pour aller travailler sur le polyptique de saint Sébastien pour l’abbaye des chanoines de saint-Augustin à saint-Florian, près de Linz.

Ce dessin est l’un des premiers paysages représentés en tant que tels ; il est également considéré comme l’un des premiers pouvant être identifié à un lieu existant.
Une certaine puissance émane de la nature représentée, une énergie dynamique semblant insufflée aux montagnes qui longent le Danube, plus escarpées et pittoresques que dans la réalité. Les lignes
en boucles ou en dents de scie qui délimitent les crêtes vibrent de manière obsédante et produisent, avec les hachures obliques représentant les pins élancés, un effet de calligraphie. L’impression de mouvement est encore plus forte lorsque les longues hachures verticales formant les pentes abruptes des montagnes rencontrent celles horizontales du plan d’eau. Sur la rive  droite, l’église dans l’enceinte d’un château et les terrains à flanc de coteau encerclés de murs de pierre témoignent de l’activité humaine. Altdorfer est parvenu à créer l’illusion de la profondeur grâce aux diagonales
qui délimitent les montagnes, mais aussiau rétrécissement du fleuve qui disparaît dans le lointain. Le point de vue en hauteur, qui ne peut exister dans la réalité, indique qu’Altdorfer a dû exécuter ce dessin de mémoire et non in situ.

 

© Albrecht Altdorfer, Vue de Sarmingstein-sur-le-Danube, 1511 © musée des Beaux-Arts



 





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