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Les nouveaux Adam et Ève - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°9

Chefs-d'œuvre de Budapest

Les nouveaux Adam et Ève - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°9

Les nouveaux Adam et Ève - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°9

Publié le 23 Juin 2016
Pour vous faire découvrir un peu plus les Chefs-d'œuvre de Budapest exposés au Musée du Luxembourg du 9 mars au 10 juillet 2016, explorons les petites histoires de ces grandes œuvres...

Les nouveaux Adam et Ève - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°9

 

En 1918, Sándor Bortnyik rejoint le cercle d’artistes de la revue activiste d’avant-garde MA (Aujourd’hui), dirigée par Lajos Kassák. En 1919, la chute de la République des Conseils de Hongrie le
pousse à l’exil, puis à un rapprochement avec le mouvement constructiviste international. Après un séjour à Vienne, il s’installe à Weimar de 1922 à 1924 et établit des contacts avec l’école du Bauhaus. Il peint alors des compositions abstraites dans lesquelles les formes géométriques assemblées donnent l’illusion d’un espace en trois dimensions. Le Nouvel Adam et La Nouvelle Ève sont caractéristiques de ce style composite, deux pendants à la tonalité ironique, où l’artiste s’en prend au « nouveau monde radieux » des constructivistes. Pareils à des mannequins de vitrine et pourvus de mécanismes d’automates, les personnages se tiennent dans un espace abstrait telles des poupées sur une scène imaginée par un artiste du Bauhaus.

Figuré en mannequin de tailleur vêtu à la dernière mode, Adam n’établit aucune relation avec son environnement et semble attendre passivement un tour de manivelle pour se mettre en mouvement. À l’arrière-plan, comme suspendu dans le bleu d’un ciel sans fin, l’espace est structuré par des bâtiments géométriques opalescents traités en noir et blanc, illustration d’un langage formel à mi-chemin entre le suprématisme russe et le néoplasticisme hollandais. Pour Bortnyik, l’absence d’expression de ses personnages n’est pas plus acceptable que le désert dépourvu de vie d’un monde idéal, construit à partir d’un espace totalement vide. Ces deux oeuvres inspirées questionnent plus qu’elles n’affirment : soit nous considérons comme viables l’ordre formel épuré et le projet d’amélioration de la société portés par des avant-gardes cherchant à construire un monde nouveau, soit il nous faut admettre que l’homme des temps modernes est disposé à voir de simples effets de mode, des courants médiatiques et des dispositifs mécaniques déterminer son quotidien.

 

© Sándor Bortnyik, Le Nouvel Adam, et La Nouvelle Ève, 1924, Budapest, Galerie nationale hongroise



 





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