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Manet et la maîtresse de Baudelaire - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°8

Chefs-d'œuvre de Budapest

Manet et la maîtresse de Baudelaire - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°8

Manet et la maîtresse de Baudelaire - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°8

Publié le 16 Juin 2016
Pour vous faire découvrir un peu plus les Chefs-d'œuvre de Budapest exposés au Musée du Luxembourg du 9 mars au 10 juillet 2016, explorons les petites histoires de ces grandes œuvres...

Manet et la maîtresse de Baudelaire - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°8

 

Le célèbre portrait du musée de Budapest représente Jeanne Duval, la maîtresse de Charles Baudelaire.
Baudelaire et Manet étaient amis, et c’est à Paris, dans l’atelier de la rue Guyot, que l’artiste peint la « Vénus noire », beauté créole en vogue à l’époque. Au moment de l’exécution du tableau, Baudelaire ne vivait plus avec elle, mais continuait à l’entretenir. Il est possible que le peintre ait fait présent de cette toile à Baudelaire. Des témoignages indiquent que deux tableaux de Manet ornaient les murs de la chambre du poète à l’époque de sa longue maladie. Les deux artistes avaient été liés par une amitié de près de dix ans, et c’est grâce aux héritiers que le magnifique portrait a pu réintégrer l’atelier de Manet après le décès de Baudelaire, survenu  le 31 août 1867. À la mort de Manet, sa veuve a identifié le modèle, et le tableau a été inventorié sous le titre La Maîtresse de Baudelaire.

En 1916, lorsque le musée des Beaux-Arts de Budapest a acquis le tableau, le conservateur Simon Meller, administrateur, a rédigé un intéressant descriptif sur le registre des  achats. Il y vante la qualité de l’oeuvre et met en avant la forte influence de la tradition picturale espagnole dans l’univers chromatique du tableau. Cette inspiration espagnole apparaît de manière encore plus évidente si l’on compare l’oeuvre avec l’étude conservée à la Kunsthalle de Brême. L’immense masse de la jupe y est peinte à l’aquarelle dans des tons de rose, tandis que ce volume est structuré sur la toile par l’agencement des différentes nuances de gris et de blanc. Baudelaire, qui partageait les idéaux du romantisme, était lui-même un excellent dessinateur, et a réalisé plusieurs dessins, vibrants de passion, de son amante. L’approche de Manet est plus objective, et c’est avec réalisme qu’il peint le portrait de cette beauté de jadis, alors déjà flétrie.

© Édouard Manet, La Dame à l’éventail ou La Maîtresse de Baudelaire, 1862, Budapest, musée des Beaux-Arts



 





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