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Morts ou vifs ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°3

Chefs-d'œuvre de Budapest

Morts ou vifs ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°3

Morts ou vifs ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°3

Publié le 14 Avril 2016
Pour vous faire découvrir un peu plus les Chefs-d'œuvre de Budapest exposés au Musée du Luxembourg du 9 mars au 10 juillet 2016, explorons les petites histoires de ces grandes œuvres...

Morts ou vifs ? - Histoire des Chefs-d'œuvre de Budapest n°3
 


Les nombreuses représentations d’animaux et de plantes peintes par Hans Hoffmann trouvent vraisemblablement leur origine dans l’observation directe de la nature, mais aussi dans la copie de dessins et de tableaux d’autres artistes. Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, suite aux nouvelles découvertes géographiques et au développement, partout en Europe, de l’intérêt scientifique pour la nature, une exigence de représentation objective de celle-ci se manifeste. Les plantes et animaux rares, voire exotiques, sont recherchés, mais, dans le même temps, l’intérêt à l’égard de l’environnement plus familier s’accroît. Le goût pour la collection s’accompagne de l’exigence de la classification scientifique.
Dans ce travail, les artistes jouent un rôle important : outre leurs reproductions fidèles, ils classifient eux aussi certains spécimens du monde végétal et animal. Hoffmann a représenté les animaux avec un réalisme saisissant, en grandeur nature, avec leurs couleurs caractéristiques et d’infimes détails leur permettant d’être clairement identifiés. Par exemple, la couleur bleue de l’abdomen de la libellule révèle qu’il s’agit d’un spécimen mâle ; l’abdomen recourbé et les pattes crochues indiquent que l’animal n’était plus en vie lorsqu’il a été dessiné. La représentation, d’un point de vue différent, de deux grenouilles vertes appartenant à la même espèce mais à deux phases distinctes de leur développement, de même que l’accentuation de la couleur de la sauterelle verte confondue avec son environnement sont le résultat d’une observation d’une exigence proprement scientifique. Hoffmann a réutilisé les deux grenouilles et la tipule (ou cousin) pour deux compositions plus grandes, deux tableaux réalisés comme des variantes de la célèbre représentation du lièvre par Dürer. L’artiste a conçu ces tableaux en transformant en natures mortes ses propres études de plantes et d’animaux ainsi que la copie du lièvre de Dürer.

 

© Hans Hoffmann, Pinceau, gouache sur parchemin, Budapest, musée des Beaux-Arts