Chagall entre guerre et paix

 

 

COMMISSARIAT

 

Jean-Michel Foray (1942-2012), conservateur général honoraire du patrimoine.

Julia Garimorth-Foray, conservateur au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

 

PRESENTATION DE L’EXPOSITION

 

Chagall meurt en 1985, presque centenaire. Il a traversé le XXe siècle, connu une révolution, deux guerres et l’exil. Autant d’expériences qui sont venues renouveler son approche artistique, se conjuguant aux grands thèmes fondateurs qu’il revisite inlassablement : sa ville natale de Vitebsk, la tradition juive, la Bible, le couple, la famille et le cirque. Le XXe siècle a, pour une large part, refoulé l’allégorie et le narratif dans les œuvres d’art. Et c’est parce que Chagall a su s’affranchir des règles et des codes – voire des diktats – de la pensée moderniste tout en s’en nourrissant, qu’il a pu rester figuratif et témoigner de son temps. Il emprunte aux mouvements d’avant-garde (cubisme, suprématisme, surréalisme) quelques-unes de leurs formes, semble parfois s’en rapprocher, mais demeure toujours indépendant.

 

Réunissant une centaine d’œuvres, l’exposition met en lumière la singularité avec laquelle Chagall aborde les représentations de guerre et celles de paix. Commençant avec la déclaration de la Première Guerre mondiale, elle s’attache à illustrer les moments-clés de la vie et de l’œuvre de Chagall, de la Russie en temps de guerre à l’après-guerre dans le sud de la France. A Vitebsk, pendant la première guerre, Chagall rend compte d’une réalité brute, les mouvements de troupes, les soldats blessés, les populations juives chassées de leurs villages ; il s’attache aussi à représenter l’environnement de son enfance, dont il semble pressentir la disparition, et son bonheur conjugal. En 1922, Chagall quitte définitivement la Russie et s’installe à Paris l’année suivante. Il se consacre à l’illustration de différents livres, dont la Bible. Son séjour est également marqué par des peintures oniriques où figurent des personnages hybrides caractéristiques de l’imaginaire chagallien, et par de nombreuses images du couple, motif central dans son œuvre. Devant la montée du nazisme, Chagall est contraint de quitter la France.

 

Exilé aux Etats-Unis, il continue de témoigner des ravages de la guerre. Les actes de barbarie qui dévastent l’Europe et sa patrie se mélangent aux souvenirs des pogroms et le thème de la Crucifixion, symbole universel de la souffrance humaine, s’impose à lui. Son œuvre reflète également sa volonté de retrouver l’essentiel, ses racines et son bonheur familial, endeuillé par la disparition de Bella en 1944. L’installation de Chagall à Vence après la guerre entraîne une modification notable de sa façon de peindre, comme des thèmes abordés. Si certaines peintures restent empreintes d’une tonalité sombre, il s’efforce de sublimer le passé et parvient peu à peu à une plus grande liberté. Avec le temps qui passe, les couleurs des paysages méditerranéens envahissent progressivement ses œuvres. Cette sérénité est à son apogée dans La Danse, véritable hymne à la joie qui reprend une nouvelle fois les principales figures de l’univers chagallien. La curiosité de Chagall pour l’art de son temps et la liberté qu’il s’est toujours donnée lui ont permis de construire un univers pictural profondément singulier - reflet autant du monde contemporain que de ses propres émotions.

Image : Marc Chagall, La danse (détail), 1950-1952, Centre Pompidou, Musée national d’Art moderne/ Centre de création industrielle, Paris, Dation en 1988, en dépôt au musée national Marc Chagall, Nice © ADAGP, Paris 2013 / CHAGALL® © RMN-Grand Palais / Gérard Blot

 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais

 

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PARCOURS NUMERIQUE DE L'EXPOSITION