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Pissarro à Eragny. La nature retrouvée

Pissarro à Eragny. La nature retrouvée

Pissarro à Eragny. La nature retrouvée

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Retrouvez les moments forts des deux dernières décennies de la vie de Camille Pissarro, en partie passés à Eragny entouré de sa famille, de ses animaux et de sa nature, là où se trouve son "inspiration créatrice". 

En 1884, après de nombreuses années marquées par de constants déplacements, Camille Pissarro (1830-1903) se fixe dans le village d’Éragny-sur-Epte, dans le Vexin français, où il reste jusqu’à sa mort. Né à Saint-Thomas, dans les Antilles danoises, il s’est formé en grande partie en autodidacte et conservera toute sa vie une grande indépendance d’esprit. Arrivé en France en 1855, il devient bientôt un pilier de l’impressionnisme naissant, participant aux huit expositions du groupe entre 1874 et 1886. Pour l’artiste, la propriété d’Éragny représente l’opportunité d’une stabilité nouvelle, propice au labeur et à la vie de famille. Le lieu propose des motifs nouveaux que Pissarro ne se lasse pas de peindre : fermes, pairies, vergers... Ces motifs lui permettent de renouveler sa peinture, en s’essayant au néo-impressionnisme, mais aussi en explorant de nouvelles techniques telles que l’aquarelle. La vie que mène Pissarro avec sa famille à Éragny correspond aussi aux convictions anarchistes que le peintre s’est forgées : pour lui, autonomie et travail collectif vont de pair, sur le modèle des travaux des champs qu’il représente si souvent. 

1884

 

1er mars : Camille Pissarro annonce à son fils Lucien qu'il s'installe à Eragny-sur-Epte, dans le Vexin français. Il se met aussitôt au travail et peint les prairies entourant sa propriété. 
 
 
22 août : naissance du dernier enfant du couple Pissarro, Paul-Emile (dit Paulémile). Son parrain n'est autre que Claude Monet. 
1884
1886
 
 
 
Avril - juin : dernière exposition impressionniste, Camille et son fils Lucien présentent un certain nombre d’œuvres incluant tableaux, aquarelles, gravures, dessins et éventails. Les critiques soulignent la technique néo-impressionniste de Pissarro, inspiré de Georges Seurat, ainsi que son remarquable rendu de la vie campagnarde. Pissarro comprend qu’il lui faut développer son talent. 
 
 
10 octobre : après l’exposition impressionniste, Pissarro envoie trois tableaux à Nantes, incluant Vue de ma fenêtre, Éragny-sur-Epte et La Briqueterie Delafolie à Éragny, afin d’exposer ses œuvres dans le plus de lieux possibles.
 
 
3 décembre : il écrit à Lucien et lui fait part de ses difficultés financières, qui ont atteint un niveau critique.
 
1890

25 février au 15 mars : Théodore Van Gogh organise une exposition des oeuvres de Pissarro chez Boussod & Valadon. Il y présente notamment Les Faneuses, Eragny et La Cueillette des pommes (ci-contre). 

 

Mai : L'artiste envisage de créer une école d'art à Eragny. 

 

Septembre et novembre : Lucien fait des dessins qui seront publiés dans un journal anarchiste, Le Père Peinard, fondé par Emile Pouget. 

1891

7 janvier : Pissarro se rend à Paris pour faire soigner son infection oculaire qui dure depuis 1878. Cela l'empêche de travailler en extérieur et même de terminer ses toiles. Il s'habitue alors à peindre presque exclusivement depuis l'intérieur, derrière ses fenêtres. 

 

1er février : Pissarro annonce à Lucien la mort de Théodore Van Gogh.

 

Fin novembre : Pissarro envoie un tableau à Auguste Rodin, qui s'émerveille de la beauté saisissante du paysage représenté (Soleil couchant avec brume, Eragny)

1892

23 janvier - 20 février : Pissarro expose cinquante tableaux chez Durand-Ruel, pour sa première exposition indépendante depuis 1883. 

 

Mars - Mai : il séjourne à Eragny entre des aller-retour à Paris. Il s'en plaint à son fils Lucien fin mai. 

 

Juin : Julie, la femme de Pissarro, demande un prêt de 15 000 francs pour acheter la maison à Eragny. L'artiste s'en offusque mais finit par accepter et remercie Monet.

 

20 novembre : il écrit à son fils Georges pour lui parler de son grand intérêt pour les compositions avec des paysannes et pour les vues de sa fenêtre. 

1893

1er Mai : Pissarro écrit à Mirbeau pour se plaindre de l'éloignement d'avec sa famille pendant ses longues absences. La liberté et l'anarchie que représente la nature lui manque lorsqu'il est en ville. 

 

Eté : la construction de son atelier commence à Eragny. 

1894

24 juin : Le président Sadi Carnot est assassiné à Lyon par un anarchiste italien, Caserio (1873-1894). Pissarro se réfugie à Bruxelles le 26 juin, en raison de ses convictions anarchistes. 

 

Eté : Lucien fonde une maison d'éditions, l'Eragny Press, à Epping, proche à Londres. Il surnomme sa maison Eragny House

 

Mi-Octobre : Pissarro retourne à Eragny.

1895

Fin mai : Pissarro rencontre Cézanne, Renoir et Degas à Paris. 

 

Septembre : Pissarro retourne à Paris et travaille sur des compositions pour les Travaux des champs.

1897

Mai-Juillet : Pissarro est au chevet de son fils Lucien à Londres pendant toute la période de son rétablisseement suite à une attaque d'apoplexie. 

 

25 novembre : La famille Pissarro est frappée par une autre tragédie, la mort de Félix, âgé de seulement 23 ans. 

1898

Fin avril : Pissarro écrit à Lucien qu'il est heureux de pouvoir respirer l'air frais d'Eragny après de nombreux voyages. Il se remet aussitôt à peindre. 

 

Fin de l'année : entre un séjour à Amsterdam et un autre plus long à Paris pour passer l'hiver, Pissarro a le temps de peindre des vues de la nature à Eragny.

1899

Janvier : Pissarro est à Paris tandis que sa femme Julie lui apporte des poivrons et d'autres légumes, comme très souvent lors de leurs déplacements entre Eragny et la ville, afin que son mari soit bien nourri. 

 

17 août : Il écrit à son fils Georges pour lui dire combien il aime peindre les jardins d'Eragny "un motif extraordinaire..."

 

27 novembre : Durand-Ruel lui achète sept vues d'Eragny.

1900

7 Mai : Pissarro écrit à Durand-Ruel qu'il commence une nouvelle série de tableaux, sûrement inspiré par les arbres fruitiers en plein floraison. "C'est splendide ! mais combien éphémère"

 

17 octobre : Il écrit à son fils qu'il désire peindre des scènes d'automne avant de repartir pour l'hiver à Paris. Il a le temps de peindre 4 toiles à Eragny. 

 

Octobre : Pissarro et son fils Lucien travaillent sur les Travaux des champs, planifiant les catégories avec l'aide de l'ébbé BEnjamin Guinaudeau. 

1901

14 janvier : Pissarro expose quarante-deux toiles chez Durand-Ruel, qui lui en achète trois. Cette exposition lui vaut les éloges de son ami Emile Verhaeren dans le Mercure de France. Il insiste sur le fait que les vues d'Eragny sont les plus captivantes de toutes celles peintes par Pissarro. 

 

En mai et en décembre : Durand Ruel lui achète vingt-trois toiles peintes pendant l'hiver. 

 

Octobre : Pissarro peint Fenaison à Eragny dans son atelier. Il développe ce sujet pour les Travaux des champs

 

1902

En vieillissant, PIssarro travaille de plus en plus pour assurer le bien-être financier de sa famille.  

 

20-28 février : Pissarro expose conjointement avec Monet 13 tableaux chez Bernheim-Jeune à Paris

 

Fin juin : il fait un court séjour à Eragny et y peint Coin du pré à Eragny (ci-contre)

 

3 octobre : Pissarro fait part à Lucien du décès d'Emile Zola à la suite d'une intoxication au monoxyde de carbone. 

1903

Entre le 13 novembre 1902 et le 29 mai 1903, Pissarro peint 27 tableaux. C'est la période la plus féconde de sa carrière. 

 

Début juillet : Lucien comprend que l'inspiration créatrice se trouve à Eragny, aux côtés de son père. Il souhaite y revenir pour y peindre avec lui. 

 

24 septembre : L'artiste écrit sa dernière lettre à sa femme Julie. En dépit de tous ces ennuis, il veut lui offrir un peu d'espoir et l'informe qu'un amateur sérieux s'intéresse à un tableau estimé à 4 000 frcs. Julie conservera cette lettre jusqu'à sa mort en 1926. 

 

Fin septembre : Pissarro peint son dernier tableau à Paris. 

 

Octobre : son état de santé se détériore. Il est alité.

 

11 novembre : Lucien rejoint son père, alors au plus mal.

 

13 novembre 1903 : Camille Pissarro s'éteint à l'âge de 73 ans. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, rejoint par sa femme Julien en 1926. 

1886

Retrouvez la biographie complète de 1884 à 1903 dans le catalogue de l'exposition, en vente en librairies.