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Mucha le mystique

exposition Alphonse Mucha - 12 sept. 2018 - 27 janv. 2019

Mucha le mystique

Mucha le mystique

Publié le 06 Novembre 2018
Après cinq ans à Paris, Mucha a acquis une notoriété internationale et en vient à personnifier l’Art nouveau mais, intérieurement, il ressent une fracture entre son succès artistique et social et ses aspirations spirituelles, qu’il décrira en ces termes : « Je n’avais pas trouvé de véritable satisfaction dans ce genre de travail [décoratif]. Ma voie me paraissait être ailleurs, dans quelque chose de plus élevé. Je recherchais des moyens de répandre la lumière jusque dans les coins les plus reculés. »

Si Mucha croit en l’importance de son travail décoratif, il souhaite bientôt n’être pas réduit à cela et aspire à réaliser des oeuvres qui lui permettent d’exprimer d’autres choses, en particulier sa spiritualité. L’artiste est convaincu que son destin est de délivrer un message à ses semblables à travers son travail, car pour lui « l’art est l’expression de sentiments intérieurs [...] d’un besoin spirituel. De culture catholique, Mucha se montre très curieux de tous les phénomènes religieux et spirituels. »

À la fin de l’automne 1894, Mucha fait la connaissance d’August Strindberg, auteur suédois, ami de Gauguin et nouveau venu dans la colonie bohème de Madame Charlotte. Mystique, Strindberg est profondément intéressé par l’occultisme et la théosophie. Bientôt, Mucha entretient avec lui des discussions philosophiques régulières, et cette amitié instille en lui l’idée que des « forces mystérieuses » guident la vie de chacun.
Dans son oeuvre, les figures énigmatiques apparaissant derrière le sujet découlent clairement de la croyance en des « pouvoirs invisibles » qu’il développera par la suite.

Mucha le Franc-maçon

 

Le 25 janvier 1898, Mucha entre dans une loge parisienne du Grand Orient de France, l’obédience maçonnique la plus ancienne et la plus importante d’Europe continentale, qui prône « l’amélioration de l’humanité » et la « conscience de la liberté ». Mucha voit la franc maçonnerie comme le prolongement de son spiritualisme. Son cheminement spirituel l’amène à faire de trois vertus – la Beauté, la Vérité et l’Amour – les « pierres angulaires » de la condition humaine. Il pense qu’en diffusant ce message par son art, il contribuera au progrès de l’humanité. Toute sa vie, Mucha sera un franc-maçon actif et un ardent nationaliste. Autrement dit, sa philosophie englobe deux idéologies apparemment opposées : le libéralisme maçonnique et l’exclusivité nationaliste. À partir de cette chimie unique, il va élaborer ses propres principes philosophiques et, finalement, une vision de l’humanité qui va au-delà du nationalisme conventionnel. Pour lui, l’art doit être un moyen de transmettre son message. 

 

 

 

 

Même dans ses panneaux décoratifs destinés à de riches clients, il essaie de transmettre ses idées, comme dans sa série La lune et les étoiles (ci-dessous). 

Il pense qu’il existe dans la nature des forces invisibles qui peuvent guider notre vie sur terre. C’est pourquoi il a choisi de représenter la lune et les étoiles sous la forme de belles femmes. Il essaie aussi de montrer le mouvement permanent du temps, comme la nuit qui succède au jour.

 

Venez admirer le côté mystique d'Alphonse Mucha jusqu'au 27 janvier 2019 au Musée du Luxembourg ! 

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