Hercule et Antée

Hercule et Antée

Hercule et Antée

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Origine et date: 
Hercule et Antée, vers 1520-30, Compton Verney/Warwickshire
Artiste(s): 
1472
1553

HERCULE ET ANTÉE

 

Selon la légende, le géant Antée était invincible tant qu’il était en contact avec sa mère, la Terre, et Hercule ne pouvait donc l’emporter qu’en soulevant Antée. Cranach a choisi d’évoquer ce combat légendaire dans deux petits tableaux : cet exemplaire de Compton Verney, qui remonte au moins à l’année 1520, et une autre œuvre datant de la même époque, aujourd’hui en possession de l’Académie de Vienne. Cranach commence à s’intéresser à cette légende dès 1517, lorsqu’Albert de Brandebourg, Grand Maître de l’Ordre teutonique, lui commande un « Hercule donnant la mort à un homme nu ». Le mythe fait alors partie des travaux d’Hercule, que les princes considéraient comme un modèle de vertu antique. Dès 1507, dans un guide sur les monuments de Wittenberg, le maître des arts Andreas Meinhard décrit une série de tableaux au Residenzschloss, qui comprend notamment une représentation d’Hercule et d’Antée. A la cour du prince-électeur de Saxe, on connaissait déjà la légende depuis longtemps.

 

Ces deux petits tableaux ont pu avoir pour modèles des miniatures d’origine italienne, emmenées vers le nord en tant que pièces de collection légères et transportables. Cet exemplaire de Compton Verney exposé à Paris s’inspire directement d’une médaille de l’artiste véronais Moderno (1467 – 1528) ou de ses assistants. Les ressemblances entre les deux groupes de combattants sont frappantes. La planéité du style de Cranach se reflète tout particulièrement dans la disposition des bras et des jambes du géant, qui lutte en vain. Ce parallélisme est également visible sur la miniature italienne. Cependant, si le médailleur a cherché à donner du relief à la scène, le peintre a quant à lui ignoré les techniques de spatialisation, jusqu’à courber le dos du géant de manière grotesque. Ce n’est pas la première fois que Cranach s’inspire d’une miniature italienne : en témoigne sa gravure sur bois de Marcus Curtius, datant d’environ 1507, également présentée à l’exposition.

 

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