La Bergerie

La Bergerie

La Bergerie

Paul Durand-Ruel, le pari de l'impressionnisme Manet, Monet, Renoir
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Origine et date: 
La Bergerie, vers 1856-1858, Huile sur panneau
Baltimore, The Walters Art Museum
Artiste(s): 
1814
1875

Cette scène nocturne pleine d’atmosphère – qui se situe entre les villages de Barbizon et de Chailly – représente un berger rassemblant son troupeau dans un enclos où il va passer la nuit. Millet a soigneusement dépeint la lune gibbeuse, décroissante. Comme il l’écrit lui-même : « Ah ! Je voudrais faire sentir à ceux qui regardent ce que je fais les terreurs et les splendeurs de la nuit. […] Il faut percevoir l’infini1. » Ce tableau est le premier (et sans doute l’un des plus réussis) d’une série exécutée dans diverses techniques sur le thème de la bergerie au clair de lune.

À la vente Carlin à Paris, le 29 avril 1872, Durand-Ruel achète l’œuvre pour 20 000 francs, ce qui est un chiffre record pour Millet2. Le marchand y voit (avec L’Angélus) le « chef-d’œuvre » du peintre3. Le tableau est d’abord placé chez un collectionneur américain pour 40 000 francs, mais la transaction n’aboutit pas4. Le 10 mai 1872, Durand-Ruel le vend à Émile Gavet, célèbre collectionneur de Millet, pour la somme de 23 000 francs. Il le lui rachètera en mars 18735.

 

1.Cité dans Sensier et Mantz 2005, p. 153.
2. Le tableau fut acheté 21 000 francs, y compris la commission de cinq pour cent.
3. « M. Durand m’a dit qu’il avait vendu votre Berger au clair de Lune, acheté par lui à la vente Carlin 20 000 francs ; qu’il l’avait placé, à un an de crédit, 40 000 francs à un Américain. De même, l’Angélus, 38 000 francs, mais, ajoute-t-il, ce sont les deux chefs-d’œuvre

 

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