Lucrèce

Lucrèce

Lucrèce

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Origine et date: 
Lucrèce, vers 1510-13, collection privée
Artiste(s): 
1472
1553

LUCRÈCE

 

Lucrèce fait partie des sujets privilégiés de Cranach. Prise de honte et de désespoir, l’héroïne romaine s’est poignardée après avoir été violée par Sextus Tarquin, le fils du roi Tarquin le Superbe. On connaît aujourd’hui plusieurs dizaines de « Lucrèce » issues de l’atelier de Wittenberg. Ces œuvres illustrent, sous différentes formes, ce modèle d’héroïsme féminin et de fidélité conjugale, tel que raconté par Tite-Live, mais toutes avec une forte connotation sensuelle et érotique. Parmi les plus beaux exemples figure cette peinture issue d’une collection privée, réalisée vers 1510-13 par Cranach, et copiée dès 1514 par son élève Hans Döring. A peu près à la même époque, Cranach met en scène Lucrèce dans une série de modèles antiques de vertu, qui en 1513 décorait la chambre à coucher de Jean de Saxe et de Marguerite d’Anhalt. Les premières représentations sont des portraits en demi-grandeur ou de trois-quarts : ainsi Cranach connaissait-il les médailles et peintures réalisées par les artistes de la Renaissance en Haute-Italie, représentées ici par le tableau de Francia (en provenance de Dresde). Les arrière-plans sombres de cet artiste bolonais rappellent déjà les œuvres du cercle de Léonard de Vinci et de l’école vénitienne.

Cranach s’est également inspiré de Jacopo de‘ Barbari, qui était originaire de Venise et s’est établi à Nuremberg, puis à Wittenberg en 1503. Parmi les quelques tableaux connus de cet artiste italien, que Cranach a sans doute connu personnellement, on trouve déjà des portraits en demi-grandeur avec des fonds noirs. Les premières illustrations néerlandaises de Lucrèce datent d’environ 1520, et semblent s’inspirer directement des plus anciennes versions de Cranach. On peut supposer que les œuvres de Wittenberg étaient des cadeaux destinés aux Pays-Bas, où le thème de Lucrèce jouissait d’une grande popularité. Dans la collection de la gouvernante Marguerite d’Autriche figurent trois « Lucrèce » ; Philippe de Clèves en possédait au moins quatre.

 

 

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