Paul Durand-Ruel

QUI EST PAUL DURAND-RUEL ?

 

Cette collection impressionniste, ne me félicitez pas de l’avoir réunie […] : c’est aux amateurs qu’il faut en savoir gré. D’un peintre donné quels tableaux les rebutent d’abord ? Ceux où abondent ces prétendus défauts qu’on appelle plus tard qualités caractéristiques. Quand j’avais trop longtemps tenu à leur disposition un tableau de cette sorte, impatienté je l’emportais chez moi. D’où la présence ici de tant d’œuvres fortement originales2...

 

Paul Durand-Ruel par Pierre-Auguste Renoir
Paul Durand, (il s’agit du nom de son père auquel il ajoute plus tard “Ruel” celui de sa mère) naît à Paris, le 31 octobre 1831. Ses parents dirigent alors un magasin qui est à la fois une papeterie et une boutique de matériel pour artiste. Ils abandonnent progressivement cette activité pour se consacrer à celle bien plus lucrative du commerce de tableaux. Ils exposent alors les œuvres d’artistes tels que Théodore Géricault et Eugène Delacroix.

 

Bourgeois typiques du Second Empire, les Durand-Ruel offrent à leur fils de solides études. Paul souhaite s’orienter vers une carrière militaire. Mais pour des raisons de santé, il ne peut intégrer l’école de Saint-Cyr dont il avait pourtant réussi le concours d’entrée. Il travaille alors auprès des siens. Là, il fait la connaissance de nombreux artistes et collectionneurs qui viennent du monde entier et passent par la galerie au moment des Salons, ces expositions officielles qui se tiennent  chaque année  en mai et juin. 

Paul Durand-Ruel voit alors défiler dans l’établissement paternel les peintres consacrés par les instances officielles : William-Adolphe Bouguereau ou Alexandre Cabanel, mais aussi les nouveaux-venus de la peinture comme Eugène Delacroix (le jeune Paul est en admiration devant ses tableaux depuis qu’il a visité en 1855 l’Exposition Universelle) ou bien Gustave Courbet. Il rencontre également les rénovateurs du paysage, que sont Camille Corot ou Jean-François Millet.

Paul comprend le potentiel de ces peintres en rupture avec les tenants de l’académisme et prend des initiatives : il signe avec Corot et Millet des contrats d’exclusivité, se réservant l’intégralité de leur production. 

 

Au décès de son père, en 1865, Paul Durand-Ruel donne encore plus d’importance à sa galerie et doit rapidement agrandir ses salles d’exposition. C’est pourquoi il ouvre, en 1869, de nouveaux locaux 16, rue Laffitte et 11, rue Le Peletier, et, pour soutenir les artistes dont il vend les œuvres, il crée la Revue internationale de l’art et de la Curiosité. 

Paul Durand-Ruel est un homme paradoxal. Contraste étonnant entre le marchand novateur dont l’indiscutable flair, les goûts avancés et la conviction de mener un juste combat l’inclinent à prendre des risques et la vie bourgeoise que mène ce père dévoué de cinq enfants, veuf à l’âge de 40 ans, fervent catholique et monarchiste convaincu. Ce « vieux chouan » comme le surnomme Renoir soutient le communard Courbet, l’anarchiste Pissarro ou les républicains Manet et Monet.