Oeuvre de Leonora Carrington
Leonora Carrington, Artes 110, 1944 © NSU Art Museum Fort Lauderdale; gift of Pearl and Stanley Goodman © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Saurez-vous décrypter les œuvres de Leonora Carrington ?

Type(s) de public Tout public

Chez Leonora Carrington, le mystère fait partie du jeu. L’artiste construit des œuvres dont elle laisse la signification volontairement obscure. Pour elle, le sens ne doit pas être donné d’emblée : il est le résultat d’une quête. Animaux mystérieux, couleurs chargées de sens, scènes de fuite ou de transformation… certains motifs reviennent régulièrement et offrent de précieuses clés pour entrer dans son univers. On vous aide à les repérer !

Des couleurs chargées de sens

Avec Leonora Carrington, les couleurs ne sont jamais choisies au hasard : leur usage est délibérément symbolique. Le rouge, très présent, évoque la magie féminine. Le noir et le blanc, souvent utilisés de manière contrastée, font référence aux opérations alchimiques. L’artiste s’intéresse beaucoup à ces traditions ésotériques. On retrouve ainsi dans ses œuvres plusieurs symboles liés à la transformation : l’œuf, signe de naissance et de métamorphose, ou encore les figures androgynes, entre masculin et féminin, humain et créature imaginaire.

Oeuvre de Leonora Carrington, Grandmother Moorhead’s Aromatic Kitchen, avec des personnages hybrides sur fond rouge
Leonora Carrington, Grandmother Moorhead’s Aromatic Kitchen, 1975 © Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

La chasse et la fuite

Plusieurs scènes peintes par Carrington donnent une impression de mouvement : des personnages courent, se cachent, s’échappent ou semblent partir ailleurs. Cette idée de fuite, ou chasse, traverse son œuvre. Elle fait également écho à son propre parcours, marqué par le refus des règles imposées et la volonté de vivre librement. Ses tableaux racontent souvent le besoin de quitter un monde trop étroit pour inventer sa propre voie.

Oeuvre de Leonora Carrington
Leonora Carrington, Artes 110, 1944 © NSU Art Museum Fort Lauderdale; gift of Pearl and Stanley Goodman © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Un bestiaire fascinant

Impossible d’évoquer Leonora Carrington sans parler des animaux. Qu’ils soient réels ou chimériques, ils peuplent les œuvres plastiques et littéraires de l’artiste. Le bestiaire y est extrêmement vaste, allant du petit rongeur à l’oiseau, en passant par le sanglier, le chat, le renne ou encore le poisson. Chez elle, les frontières entre humains et animaux s’effacent. Tous semblent appartenir au même monde, dialoguer naturellement. Mais au sein de son bestiaire fantastique, deux animaux occupent une place à part : le cheval et la hyène. Ces animaux incarnent la critique d’un humanisme anthropocentré et le refus des mœurs liées à la condition féminine.

Le cheval, d’abord, accompagne Carrington tout au long de son œuvre. Libre, vigoureux, toujours en mouvement, il apparaît souvent comme une image de l’artiste elle-même. Avec sa crinière volumineuse qui flotte au vent, il incarne l’indépendance et le refus des contraintes.

La hyène, elle, est plus provocante. Figure récurrente dans ses écrits comme dans sa peinture, elle symbolise le rire et la transgression. Carrington en fait une sorte d’alter ego irrévérencieux, capable de défier les conventions sociales et les rôles imposés aux femmes. À travers cet animal inquiétant et parfois grotesque, l’artiste affirme son goût pour l’humour noir, l’étrange et la liberté absolue.

Oeuvre de Leonora Carrington, Oink (They Shall Behold Thine Eyes), représentant une hyène dans un intérieur
Leonora Carrington, Oink (They Shall Behold Thine Eyes), 1959 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris © Peggy Guggenheim Collection, Venise

Tout un univers à interpréter

C’est tout cela qui rend l’œuvre de Leonora Carrington si captivante : ses tableaux ne livrent jamais une seule réponse. Chaque détail peut devenir un indice, chaque animal un symbole, chaque scène une énigme. Face à ses œuvres, il ne s’agit pas de tout comprendre immédiatement, mais plutôt de se laisser guider par les images, les sensations et les associations d’idées.

Rendez-vous au Musée jusqu’au 19 juillet pour en profiter !

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