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Vue de l'exposition Tarsila do Amaral au Musée du Luxembourg
© Didier Plowy pour GrandPalaisRmn 2024

Entre São Paulo et Paris, la quête moderniste de Tarsila do Amaral

À découvrir dans l’expo

Type(s) de public Tout public

Des racines brésiliennes aux prémices artistiques

Née en 1886 dans une famille aisée de producteurs de café de São Paulo, Tarsila do Amaral grandit entourée de culture et de raffinement. Dans le cadre privilégié de la fazenda familiale (grande exploitation), elle découvre le piano, la littérature, et apprend le français. Mariée à 20 ans comme le veut la tradition, elle divorce et se libère de ses attaches en 1913 pour poursuivre sa passion : l’art. Tarsila suit d’abord des cours de modelage et de peinture auprès d’artistes académiques réputés à São Paulo, puis, à l’aube des années 1920, l’artiste rêve plus grand et s’envole pour Paris, la capitale des avant-gardes.

Paris, terre d’influences et de découvertes artistiques

Academia n°4, Tarsila do Amaral, 1922
Academia n°4, Tarsila do Amaral, 1922 © Photo Romulo Fialdini © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A

Arrivée à Paris en 1920, Tarsila s’inscrit à l’Académie Julian, seule académie qui accepte alors les femmes et les étrangères. Elle s’initie à l’impressionnisme, peint des modèles vivants et trouve ses premiers repères artistiques dans des toiles encore classiques, empreintes de douceur et de réalisme. Ce n’est qu’à l’académie Emile Bernard qu’elle commence à travailler avec un pinceau plus lâche et des couleurs moins terreuses. La peintre brésilienne commence seulement à trouver la forme qu’elle souhaite donner à sa peinture.

Mais ce n’est qu’en 1923, lors de son second séjour parisien, que Tarsila affine son style. Elle rejoint d’abord l’atelier d’André Lhote, puis celui de Gleizes et de Léger où le cubisme est au cœur des apprentissages. Par le biais de Blaise Cendrars, elle est introduite dans le cercle des intellectuels parisiens, se liant entre autres avec Constantin Brancusi, Jean Cocteau et Érik Satie, qui l’influencent profondément. Tarsila adopte des formes géométriques et des perspectives nouvelles. Ses œuvres prennent une tournure cubiste, alliant composition libre et simplicité des lignes. 

Caipirinha, Tarsila do Amaral, 1923 © Photo Ding Musa © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A - 72 dpi
A Caipirinha, Tarsila do Amaral, 1923 © Photo Ding Musa © Tarsila do Amaral Licenciamento e Empreendimentos S.A

C’est dans cette période qu’elle peint des toiles marquantes comme “A Caipirinha”, qui porte la marque de ce modernisme européen structuré, mais aussi de son propre imaginaire.
Commencé au printemps 1923, ce tableau est pour Tarsila l’une des premières tentatives de s’affranchir des codes de la figuration académique à travers des langages d’avant-garde. Dans une lettre à ses parents, elle décrit ce tableau comme une façon de s’auto-représenter en jeune fille de la campagne brésilienne (une petite « caipira ») jouant avec les branches du jardin comme elle le faisait enfant. Cette identification avec la culture populaire des régions rurales, de la part d’une femme très cultivée de la haute bourgeoisie, annonce l’idéalisation d’une appartenance nationale qui dépasse volontairement les clivages culturels et sociaux brésiliens.

Une passerelle entre deux mondes

Pendant tout ce temps, Tarsila do Amaral reste en contact permanent avec le Brésil et décide d’y retourner juste après la Semaine de l’Art Moderne à São Paulo où plusieurs de ses amis artistes font déjà sensation par leur nouvelle vision de l’art. Ils souhaitent rompre radicalement avec l'art en vigueur, qu'ils considèrent comme conservateur et veulent mettre en pratique les nouveautés apprises sur le vieux continent. Tarsila rejoint la peintre Anita Malfatti et les écrivains Mario & Oswald de Andrade et Menotti del Picchia. Ensemble, ils fondent le “Grupo de Cinco”, filant dans les rues de São Paulo, à bord d’une cadillac, à la conquête du monde pour le renouveler. Tarsila do Amaral, au Brésil comme en Europe, commence à trouver sa place d’artiste dans les prémices de cette époque moderniste.

Du Brésil à Paris, des couleurs à l’audace : ouvrez grand les yeux et laissez-vous emporter par l’épopée moderniste de Tarsila do Amaral, exposée au Musée jusqu'au 2 février 2025.

Une femme bien apprêtée avec un cheval blanc
Leonora Carrington, Sisters of the Moon, Diana, 1932 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris
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