Marie Laurencin, Mademoiselle Chanel © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2021 photo Rmn-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
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Paris et les femmes des Années folles : la figure de la "garçonne"

Les représentations de la Parisienne des Années folles croisent inévitablement la figure iconique de la « garçonne » : coiffée d’un petit casque de cheveux noirs, une cigarette crânement fichée entre ses lèvres écarlates, le corps ondulant sous sa robe géométrique, cette « femme libérée » avant l’heure conduit une automobile, monte en avion, fait du sport, danse jusqu’à l’aube le charleston et finit la nuit avec un amant ou une amante, au gré de désirs érotiques enfin délivrés des pudeurs victoriennes.

Marie Laurencin, Mademoiselle Chanel © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2021 photo Rmn-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski
Marie Laurencin, Mademoiselle Chanel
© Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2021 photo Rmn-Grand Palais (musée de l'Orangerie) / Hervé Lewandowski

Popularisée par le roman éponyme de Victor Margueritte en 1922, cet archétype est incarné à la ville par de brillantes personnalités telles « Coco » Chanel, Joséphine Baker ou le modèle Kiki de Montparnasse, sans oublier les riches étrangères et autres « femmes de la rive gauche » qui ont fait de la Ville Lumière leur lieu d’ancrage depuis la fin du XIXe siècle. Au prisme de ces représentations s’est forgée une image de Paris sinon féministe, du moins « gynophile », lieu de liberté et d’émancipation pour les femmes.

Ces "garçonnes" sont les premières à gérer une galerie ou une maison d’édition, à diriger des ateliers dans des écoles d’art.
Elles se démarquent en représentant des corps nus, tant masculins que féminins, en interrogeant les identités de genre. Ces femmes vivent leur sexualité, quelle qu’elle soit, s’habillent comme elles l’entendent, changent de prénom (Anton Prinner naît Anna Prinner, Marlow Moss naît Marjorie Moss) ou de nom (Claude Cahun est le pseudonyme de Lucy Schwob, Marcel Moore celui de Suzanne Malherbe, sa compagne de vie et de travail).

Leur vie et leur corps, dont elles sont les premières à revendiquer l’entière propriété, sont les outils d’un art et d’un travail qu’elles réinventent complètement.

 

L'expo Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles est à voir jusqu'au 10 juillet !

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