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 La Joconde aux clés, image
La Joconde aux clés © Photo GrandPalaisRmn (musée Fernand Léger) / Gérard Blot ADAGP, Paris

Qui est Fernand Léger ?

Découvrez le portrait d'un artiste visionnaire. 

Type(s) de public Tout public

Une casserole bien rangée, une enseigne lumineuse, une clé, une rue animée : Fernand Léger n’a jamais séparé l’art de la vie. Il a peint les machines, les loisirs, les murs d’églises comme ceux des hôpitaux en couleur, en mouvement. Visionnaire, bâtisseur, poète, voici le portrait d’un homme qui voyait l’art partout, surtout là où on ne l’attendait pas.

Précurseur

Paris, 1900. Fernand Léger quitte sa Normandie natale pour s’installer à Paris et poursuivre une carrière artistique. Là où d’autres regardent vers le passé, il regarde droit devant. Installé à La Ruche en 1909, cité dans laquelle se rencontrent des artistes venus de toute l’Europe, il se lie d'amitié avec Robert Delaunay, Blaise Cendrars et Guillaume Apollinaire.

Dès 1913, il parle d’un "réalisme de conception". Autrement dit, il ne s’agit plus de représenter fidèlement ce que l’œil voit, mais ce que l’esprit perçoit. Les formes, les rythmes, les chocs visuels du quotidien.

Témoin de son temps

Mobilisé en 1914, Léger revient de la guerre transformé, marqué par les atrocités de la Première Guerre mondiale et par le pouvoir de la machine.

Symboles de la vie moderne, la machine, l’objet et la ville deviennent des thèmes essentiels de son oeuvre. En 1924, il signe Ballet mécanique, un film sans scénario, fait de fragments, de contrastes, de gros plans. C’est à propos de ce film que, pour la première fois, Léger emploie l’expression "Nouveau Réalisme".

Fernand Léger, Les Quatre cyclistes, 1943-1948 © GrandPalaisRmn / Gérard Blot Adagp, Paris, 2025

Maître de la couleur

Chez Léger, la couleur n’est pas décor, elle est structure. Elle organise l’espace, crée le volume, donne le ton. En 1925, à l’Exposition des Arts décoratifs, il mène aux côtés de Delaunay la "bataille pour la couleur". Dans le même temps, il s’intéresse au rapport entre peinture et architecture et réalise des compositions murales, abstraites et colorées.

Inspiré par ses différents séjours aux Etats-Unis et par les lumières de Broadway, il inventera quelques années plus tard la technique dite de la "couleur en dehors".

Poète de l’objet

Dans les années 1920, Léger fait de l’objet sa préoccupation principale et cherche à renouveler le genre de la nature morte. Il commence sa série des "Objets dans l’espace", avec comme point d’orgue La Joconde aux clés. Il supprime la table, la perspective et poursuit ses recherches sur les contrastes afin d’atteindre une "intensité plastique maximale".

Il n’y a pas le beau, catalogué, hiérarchisé. Le beau est partout, dans l’ordre d’une batterie de casseroles sur le mur blanc d’une cuisine, aussi bien que dans un musée.

Fernand Léger, "L’esthétique de la machine, l’ordre géométrique et le vrai", 1924

Représentation d'une femme sur un vélo
Fernand Léger, Cirque, 1950 © GrandPalaisRmn, Gérard Blot © Adagp, Paris, 2025

Ouvert sur le monde

Sensible aux idéaux du Front populaire, Léger aspire à un art plus accessible. Des églises aux universités, des stades aux hôpitaux, il reçoit des commandes aux quatre coins du monde.

Dans ses dernières années, l’artiste développe le thème du divertissement et du cirque. Des séries pleines de mouvement et d’éclats. Poussant l’exploration encore plus loin, il se tourne vers la céramique, dans l’atelier de Roland Brice, à Biot, afin d’introduire le relief et la troisième dimension dans ses œuvres.

Mort en 1955, Léger laisse une œuvre immense, protéiforme, libre. En 1960, sa veuve Nadia Léger et son collaborateur Georges Bauquier inaugurent le musée Fernand Léger à Biot et utilisent pour sa façade la maquette du projet destiné initialement au stade de Hanovre.

Léger a toujours cherché à dire, à transmettre, à construire. Il forma de nombreux élèves, influença plusieurs générations. Keith Haring, bien plus tard, lui rendra hommage.

Je n’aurais certainement pas pu faire les formes colorées et les dessins au trait noir sans connaître Léger.

Keith Haring, Entretien avec John Gruen, non daté

Avec l’exposition "Tous Léger !", le Musée du Luxembourg rend hommage à un artiste libre, curieux, visionnaire.

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La Joconde aux clés, Fernand Léger
La Joconde aux clés, Fernand Léger © GrandPalaisRmn (musée Fernand Léger) / Gérard Blot ADAGP, Paris
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