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Pierre Soulages Brou de noix marouflé sur toile 108 x 75 cm, 2003 Collection C.S. © Adagp, Paris, 2025 © Photo Vincent Cunillère
Pierre Soulages Brou de noix marouflé sur toile, 108x75cm, 2003 Collection C.S. © Adagp, Paris, 2025 Photo Vincent Cunillère

Pierre Soulages : lumière et rythmes, du papier à l’abbatiale de Conques

Type(s) de public Tout public

Aux origines du regard

Né à Rodez (Aveyron), Pierre Soulages grandit dans un milieu artisan. Son père fabriquait des voitures à cheval : le bois teinté et le fer rouillé sont des matières qui accompagnent son éducation visuelle. Encore écolier, il réalise quelques esquisses du paysage ruthénois, mais sa première vraie rencontre avec l’art a lieu lors de la découverte de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. C’est là, face à ces sculptures et surtout face à cette architecture dépouillée et grandiose, que l’adolescent décide de consacrer sa vie à la peinture.

Photo portrait de Pierre Soulages dans son atelier à Paris
Guy Bourdin, Pierre Soulages dans son atelier, 11bis rue Schoelcher à Paris, 1953, Collection particulière © The Guy Bourdin Estate Adagp, Paris, 2025

Les souvenirs en héritage

Des années plus tard, ce terreau natal irrigue encore son œuvre. Chez Soulages, les souvenirs ne prennent pas la forme de thèmes à illustrer, mais de matières à explorer. Le brou de noix, par exemple, il le connaît depuis toujours : enfant, il voyait son père teinter le bois avec cette substance tirée des coques de noix. En 1946, cette mémoire devient peinture. Le liquide brun lui permet d’obtenir un jeu subtil de transparences et d’opacités qui semble vibrer à la surface du papier.

De la même façon, la visite de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques constitue une expérience fondatrice. L’adolescent ne retient pas des images, mais une sensation : celle d’un espace façonné par la lumière.

Vue de l’exposition Soulages - scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour le GrandPalaisRmn, 2025
Vue de l’exposition Soulages - scénographie Véronique Dollfus © Didier Plowy pour le GrandPalaisRmn, 2025 © ADGAP, Paris 2025 Photo Didier Plowy pour le GrandPalaisRmn, 2025

Du papier au verre

En 1986, Soulages accepte la commande du ministère de la culture de concevoir une série de vitraux pour l’abbatiale Sainte-Foy de Conques et revient sur les lieux de sa "naissance d’artiste". Pour ce travail unique, Soulages réalise quelques croquis préparatoires, ce qui n’est pas sa démarche de travail habituelle, avant de passer au dessin des cartons. Il imagine les plombs des vitraux comme un réseau de lignes souples qui font sentir le passage de la lumière à travers le verre blanc.

Le chantier l’absorbe plusieurs années. La mise au point d’un verre translucide lui demandera de longs essais avant qu’il ne soit enfin satisfait par le résultat. En 1994, les vitraux créés par l’artiste sont inaugurés.

Pour permettre à l’artiste d’obtenir la lumière dont il avait l’idée pour l’abbatiale de Conques, il a fallu tout inventer : le verre comme les techniques de fabrication et de pose des vitraux.

Jean Dominique Fleury

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