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La Joconde aux clés, Fernand Léger
La Joconde aux clés, Fernand Léger © GrandPalaisRmn (musée Fernand Léger) / Gérard Blot ADAGP, Paris

Le visage humain est-il un objet comme les autres ?

Derniers jours pour profiter de l’exposition !

Type(s) de public Tout public

Qu’ont en commun une boîte d’allumettes, une carcasse de voiture… et un visage ? Tous deviennent œuvres d’art quand les Nouveaux Réalistes s’en emparent.

Dans les années 1960, ces artistes s’intéressent à l’objet, comme Fernand Léger l’avait fait trente ans plus tôt. Mais plus pour ce qu’il représente : désormais, c’est sa forme, sa présence, sa matière qui comptent. Les Nouveaux Réalistes s’emparent des objets du quotidien et les placent au centre de leurs œuvres. Ils agrandissent, juxtaposent, découpent, jouent avec les couleurs vives et les contrastes.

L’objet [...] devait devenir personnage principal et détrôner le sujet.

 

 

Fernand Léger, 1945

Alors que la publicité envahit les villes avec ses couleurs criardes et ses modes de vie stéréotypés, les œuvres des Nouveaux Réalistes rendent compte de la perplexité de leurs auteurs face à la société moderne.

Qu’ils viennent de l’atelier, de la maison ou de la rue, les objets racontent notre quotidien. Si certains évoquent une relation intime, d’autres, comme les vitrines, les affiches ou les néons reflètent une société de consommation qui fascine autant qu’elle inquiète. Dans ce contexte, même les visages deviennent des objets. Des images figées, stylisées, presque mécaniques.

C’est le cas de Martial Raysse, qui à partir de 1962 met en scène des figures féminines stéréotypées aux couleurs acidulées et aléatoires inspirées de l’imagerie publicitaire, qu’il associe à des objets du quotidien.

Zoom sur l'oeuvre Nissa Bella par Martial Raysse

Martial Raysse, Nissa Bella, 1964
Martial Raysse, Nissa Bella,1964 © Ville de Nice © Adagp, Paris, 2025 

Cette sérigraphie (procédé qui consiste à reproduire une image, utilisé notamment par la publicité) datée de 1964 est originellement un portrait de France Cristini, la compagne de Martial Raysse, qui est également artiste. Après la séparation du couple, Raysse renomme la toile “Nissa Bella” en hommage à la ville de Nice à laquelle il est très attaché. Avec ses aplats de couleurs et cette beauté féminine à la mode de son temps, l’œuvre renvoie à l’imaginaire balnéaire de la Côte d’Azur.

L’artiste y combine techniques et matériaux : report photographique, toile découpée, peinture acrylique, collage, feutrine et néon. Le petit cœur lumineux posé sur la joue du modèle comme un baiser, attire l’attention : c’est la toute première fois qu’un néon est utilisé dans une œuvre d’art !

Avec ce tableau, Martial Raysse magnifie ce portrait d’amour et l’élève au rang d’icône d’une société de loisirs artificielle.

Derniers jours pour découvrir Tous Léger !

En mettant en dialogue Fernand Léger et les Nouveaux Réalistes, l’exposition explore une nouvelle façon de voir le réel : à travers les objets, les images, les corps. Une belle occasion de plonger dans un monde de couleurs, d’objets détournés… et de visages transformés, jusqu’au 20 juillet au Musée !

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