Sans lieu, 8 août 1964, cf. Extrait film Super 8, 0,32 mn ©Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Voir toutes les actualités

Vivian Maier et le cinéma

Dès le début des années 1960, Vivian Maier s’intéresse à la question du mouvement. Elle commence à réaliser des sortes de petites séquences avec les 12 poses de la pellicule, décomposant ainsi un moment. Ce travail sur la temporalité prépare sa pratique du film proprement dit.

Comme en témoigne les enfants Gensburg, Vivian Maier était une cinéphile avertie. Au début des années 1960, elle achète une caméra, avec laquelle elle filme des scènes similaires à celles qu’elle photographie : jeux d’enfants, rues de la ville… 

Elle filme ce qui est en train de se passer devant elle et qui échappe à l’œil nu. Elle filme de manière frontale, sans artifice ni montage cette réalité qui se présente à elle. Le film en soi ne restitue pas seulement ce qu’elle voit, il informe sur sa manière de regarder. En ce sens, il matérialise et rend visible sa vision, le déplacement de son regard, son cheminement dans l’espace, et prend la forme d’un documentaire expérimental. Le cinéma devient alors un outil de vision qui précède l’image photographique.

En effet, à cette époque, lors de ses déambulations urbaines, Vivian Maier emporte avec elle sa caméra super 8 et son Rolleiflex. Elle commence par filmer comme s’il s’agissait d’un exercice du regard en quête de l’image photographique et dès que celle-ci se présente, elle troque sa caméra pour son appareil et capture l’image. Plusieurs correspondances donnant à voir cette double finalité du cinéma dans l’œuvre photographique de Vivian Maier, à retrouver dans l'expo jusqu'au 16 janvier 2022 ! 

Article
Qui est Vivian Maier ?