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Plusieurs personnages colorés dans un décor imaginaire
Leonora Carrington, Retrato del Dr. Urbano Barnés, 1946 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris © GrandPalaisRmnEditions
Plusieurs personnages colorés dans un décor imaginaire
Leonora Carrington, Retrato del Dr. Urbano Barnés, 1946 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris © GrandPalaisRmnEditions

Le Mexique : terre de refuge de Leonora Carrington

Type(s) de public Tout public

Le Mexique, port d'attache 

Au fil de sa vie, Leonora Carrington a traversé de nombreux territoires, de l’Angleterre à New York, en passant par Paris ou Florence. Mais c’est au Mexique, où elle s’installe définitivement en 1942, qu’elle construit son véritable foyer artistique et intime. Loin de tout ce qu’elle a pu connaître auparavant, elle y assouvit son besoin de liberté, qui va de pair avec un désir d’épanouissement. Ce pays devient un refuge essentiel, partagé avec une communauté d’artistes exilés européens, et le lieu d’une transformation décisive de son œuvre.

Une peinture transformée

Dans la seconde moitié des années 1940, sa peinture change radicalement à la suite de plusieurs évènements : la construction d’un foyer à Mexico mais surtout la naissance de ses deux fils. Les images de la demeure de son enfance refont surface, évoquant des visions fantomatiques et des souvenirs sombres. Mais la maternité lui insuffle aussi une intense impulsion créatrice : sa nostalgie de l’Angleterre et son retour aux sources s’expriment sous la forme de scènes familiales et d'œuvres oniriques à l’atmosphère adoucie. La maternité, loin d’être un simple thème, devient une force créatrice qui irrigue toute son œuvre.

Remedios Varo Paisaje, torre, centauro [Paysage, Tour, Centaure] 1943 © © ADAGP, Paris, 2026 © Collection Pérez Simón / Arturo Piera

Entre surréalisme et Renaissance italienne

Au Mexique, Leonora Carrington poursuit la voie ouverte par le surréalisme, tout en s’en émancipant progressivement pour bâtir un univers profondément personnel. Elle s’inspire également de la tradition italienne de la Renaissance : usage de la tempera, formats horizontaux rappelant les prédelles, compositions construites comme des scènes narratives… Ses œuvres aux scènes minutieuses semblent empreintes d’une aura sacrée.

Zoom sur le tableau Retrato del Dr. Urbano Barnres

C’est dans ce contexte qu’elle réalise en 1946 l'œuvre Retrato del Dr. Urbano Barnres, visible dans l’exposition. Ce portrait, offert en hommage au médecin qui l’a aidée lors de la naissance de son premier fils, évoque le mystère de la naissance à travers une série de motifs symboliques. Habillé d’une tunique bicolore qui évoque les opérations alchimiques, le médecin apparaît comme un officiant permettant le miracle qu’est l’apparition d’une vie nouvelle. Devant lui, un gros œuf se fracture pour laisser passer des oiseaux et un arbre de vie portant d’étranges petites silhouettes emmaillotées. À l’arrière-plan, plusieurs paysages coexistent comme autant de mondes parallèles. La naissance y devient un mystère cosmique, entre transformation et émergence du vivant.

Plusieurs personnages colorés dans un décor imaginaire
Leonora Carrington, Retrato del Dr. Urbano Barnés, 1946 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris © GrandPalaisRmnEditions

Mexico, un foyer créatif durable

À Mexico, Leonora Carrington ne trouve pas seulement nouveau lieu de vie : elle y forge une œuvre profondément personnelle. Nourrie par ses racines européennes autant que par son expérience mexicaine, elle invente un univers où le quotidien familial côtoie le merveilleux, et où la maternité ouvre un champ inédit de création. Une artiste en mouvement constant, dont l’œuvre trouve au Mexique son point d’équilibre et de métamorphose.

À découvrir jusqu'au 19 juillet 2026 au Musée ! 

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